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Projet de phosphate intégré : lancement des travaux des installations portuaires du quai minéralier à Annaba

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Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a présidé mercredi 23 septembre au port d’Annaba, aux côtés du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, et du ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, la cérémonie de lancement officiel des travaux de réalisation des installations portuaires du quai minéralier, dans le cadre du Projet Phosphate Intégré (PPI).

La cérémonie s’est déroulée en présence du wali d’Annaba, Abdelkrim Lamouri, de représentants des autorités locales, du président-directeur général de Sonatrach, Noureddine Daoudi, ainsi que de cadres des secteurs et entreprises concernés.

Cette opération constitue la dernière étape de la chaîne logistique du projet. Elle doit permettre la réception et le chargement du phosphate enrichi, des engrais et des produits associés à destination des marchés national, régional et international.

Après le lancement des travaux, la délégation ministérielle a inspecté plusieurs chantiers et installations du projet afin de faire le point sur leur avancement et sur la coordination entre les différents intervenants. La visite a notamment porté sur les travaux du quai minéralier, du brise-lames ainsi que sur les opérations d’aménagement et de renforcement du sol.

910 pieux réalisés sur 1 322

Lors de cette visite, le ministre et la délégation qui l’accompagnait ont notamment suivi l’opération de battage des pieux. Selon les données présentées à cette occasion, 910 pieux ont déjà été réalisés sur un total de 1 322. Le rythme actuel se situe entre 7 et 10 pieux par jour, avec pour objectif d’accélérer les travaux et de respecter les délais fixés.

Les opérations de remblaiement concernent, pour leur part, une superficie d’environ 82 hectares. Cette opération doit permettre de préparer le terrain destiné à accueillir les différentes composantes du quai minéralier et les infrastructures qui lui sont liées.

En parallèle, les travaux portent sur l’aménagement et le renforcement des sols afin de leur assurer les caractéristiques techniques nécessaires pour supporter les charges liées aux ouvrages situés en partie supérieure du quai.

La délégation a également inspecté les travaux de réalisation des poutres en béton armé ainsi que les préparatifs pour la fabrication des dalles préfabriquées en béton armé qui serviront à constituer la partie supérieure du quai.

Un exposé technique a par ailleurs été présenté sur l’état d’avancement des différents chantiers, avec un suivi du déroulement des travaux et du respect des normes techniques et d’ingénierie retenues pour le projet.

CHEC et un groupement algéro-chinois mobilisés

La réalisation des installations portuaires est confiée à la société chinoise China Harbour Engineering Company (CHEC), dans le cadre d’un contrat conclu avec Sonatrach.

Les travaux sont également pris en charge par un groupement algéro-chinois réunissant CHEC, Cosider Travaux publics et l’Entreprise nationale méditerranéenne des travaux maritimes. Ce groupement intervient dans la réalisation des différentes structures et installations portuaires nécessaires à la prise en charge des produits miniers et industriels et à leur acheminement vers la façade maritime.

A l’issue de la présentation technique, Mohamed Arkab a souligné que cette opération « s’inscrit dans le cadre du suivi, sur le terrain, des différentes phases du projet de phosphate intégré, les travaux relatifs aux installations portuaires représentant le dernier maillon de la chaîne logistique du projet qui consistera à réceptionner et à charger le phosphate enrichi, les engrais et des produits connexes vers les marchés nationaux, régionaux et internationaux ».

Le ministre d’Etat a également insisté sur « l’importance de poursuivre la coordination étroite entre les différents secteurs et entreprises concernés, et de renforcer le suivi des travaux sur le terrain, tout en veillant à augmenter le rythme d’exécution et à surmonter les obstacles qui viendraient à entraver l’avancement du projet ».

Il a, dans ce cadre, demandé aux entreprises chargées de la réalisation d’intensifier leur présence sur le terrain et de maintenir une « coordination continue » entre les différents intervenants. L’objectif est notamment de traiter rapidement les éventuels obstacles, d’accélérer les travaux et d’achever les différentes composantes du projet dans les délais prévus.

Une liaison avec le réseau ferroviaire

Le quai minéralier d’Annaba est appelé à être relié aux différentes infrastructures de transport nécessaires au fonctionnement du projet, notamment au réseau ferroviaire. Celui-ci s’étend sur 422 kilomètres et doit assurer la liaison entre les zones de production et les différentes étapes de la chaîne du phosphate, jusqu’aux opérations de transformation, de transport et d’exportation.

Les installations portuaires doivent ainsi assurer la jonction entre les activités d’extraction et de transformation et les marchés destinataires des produits issus du projet. Elles doivent notamment contribuer au transport, à la commercialisation et à l’exportation des produits phosphatés et des engrais.

Mohamed Arkab a rappelé que « la réalisation de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre d’une vision industrielle et logistique intégrée afin de relier la mine de Bled El Hadba (Bir El Ater), l’usine de transformation chimique d’Oued Kebrit (Souk Ahras), le réseau de transport ferroviaire et les installations portuaires du port d’Annaba, garantissant ainsi l’intégration des différentes étapes de l’extraction et de l’enrichissement du phosphate jusqu’à sa transformation, la production d’engrais et de produits chimiques, en passant par le transport, la commercialisation et l’exportation de l’excédent vers les marchés internationaux ».

Deux contrats signés en août

Le lancement des travaux portuaires intervient après la signature, le 12 août dernier, de deux contrats EPC (Engineering, Procurement & Construction) par Sonatrach et Algerian Fertilizer Company (AFC), dans le cadre de la première phase du Projet Phosphate Intégré.

Le premier contrat a été conclu avec la société italienne Saipem et porte sur la réalisation des installations de transformation et de production d’engrais sur les sites de Bled El Hadba, dans la wilaya de Bir El Ater, et d’Oued Keberit, dans la wilaya de Souk Ahras.

Le second, attribué à CHEC, concerne les installations portuaires d’Annaba.

Le Projet Phosphate Intégré prévoit l’exploitation et l’enrichissement du gisement de Bled El Hadba, avant la transformation chimique du phosphate et du gaz naturel en engrais phosphatés et azotés sur le site d’Oued Keberit.

Dans sa première phase, le projet comprend notamment un complexe d’extraction et d’enrichissement du phosphate brut à Bled El Hadba, avec une capacité d’extraction de 5,5 millions de tonnes par an et une capacité de production de phosphate concentré de 3,2 millions de tonnes par an.

Le complexe d’Oued Keberit doit, de son côté, regrouper plusieurs unités destinées à produire 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et 570 000 tonnes d’engrais azotés, sous forme d’urée, avec la production préalable de produits intermédiaires tels que l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac.

Le projet prévoit également la réalisation des infrastructures portuaires d’Annaba pour l’exportation de l’excédent d’engrais, ainsi que les utilités et infrastructures auxiliaires nécessaires au fonctionnement des différentes installations.

Selon Sonatrach, le projet doit à la fois répondre aux besoins du marché agricole national et permettre l’exportation d’une partie de la production. Le groupe public le présente comme le « premier projet intégré de cette nature dans le domaine de l’exploitation minière et de la production d’engrais phosphatés en Algérie ».

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