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Washington autorise temporairement la vente de pétrole russe stocké sur des navires

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Les États-Unis ont annoncé jeudi une autorisation temporaire permettant la vente de pétrole russe stocké sur des navires. Cette décision constitue un nouvel assouplissement limité des sanctions visant Moscou, alors que les recettes pétrolières et gazières de la Russie ont récemment atteint leur niveau le plus bas depuis le début de la guerre en Ukraine.

Le département américain du Trésor a indiqué avoir accordé une licence autorisant, jusqu’au 11 avril, la vente de pétrole brut et de produits pétroliers russes chargés à bord de navires avant le 12 mars à 00h01, heure locale.

Dans un communiqué, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a expliqué que cette mesure vise à « accroître la portée mondiale de l’offre existante ». Il a toutefois précisé qu’il s’agissait d’une « mesure à court terme ». Selon lui, cette décision ne devrait pas générer « de bénéfices financiers significatifs au gouvernement russe, qui tire la majorité des taxes prélevées au moment de l’extraction » du pétrole.

Du côté russe, l’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, a réagi vendredi en soulignant le rôle du pétrole russe dans l’équilibre du marché mondial de l’énergie. Selon lui, « le marché mondial de l’énergie ne peut rester stable » sans cette production. Sur Telegram, il a affirmé que « les Etats-Unis reconnaissent en fait l’évidence : sans le pétrole russe, le marché mondial de l’énergie ne peut pas rester stable ».

Dans le même temps, les cours du pétrole restent élevés. Vendredi vers 02h40 GMT, le baril de Brent se maintenait au-dessus de 100 dollars. Ce seuil avait été franchi la veille pour la première fois depuis août 2022.

Un contexte énergétique tendu

La décision américaine intervient dans un contexte de fortes tensions sur les marchés de l’énergie. Le conflit au Moyen-Orient a perturbé les secteurs du transport et de l’énergie, avec un quasi-arrêt du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole brut mondial.

Cette autorisation constitue le dernier exemple d’un assouplissement ponctuel des sanctions imposées à la Russie depuis son invasion de l’Ukraine. La semaine précédente, Washington avait déjà permis, pour une durée d’un mois, l’acheminement vers l’Inde de cargaisons de pétrole russe restées bloquées en mer.

Le secrétaire au Trésor avait auparavant évoqué la possibilité pour l’administration américaine d’alléger certaines sanctions concernant une partie du pétrole russe. Une telle perspective reste toutefois délicate pour Washington, qui tente depuis 2022 de réduire les ressources financières de Moscou destinées à financer la guerre en Ukraine.

Dans ce cadre, les États-Unis avaient ajouté en octobre 2025 les compagnies pétrolières russes Rosneft et Lukoil à leur liste de sanctions. Jeudi, les sanctions visant les filiales allemandes de Rosneft ont cependant été levées, sans explication officielle.

Position maintenue au sein du G7

Plusieurs dirigeants occidentaux ont rappelé leur volonté de maintenir la pression sur Moscou. Le président français Emmanuel Macron a notamment déclaré que le blocage du détroit d’Ormuz « ne justifie en aucun cas de lever les sanctions » contre la Russie.

À l’issue d’un sommet du G7 organisé en visioconférence, les dirigeants ont confirmé leur position commune. Selon Emmanuel Macron, un « consensus » s’est dégagé pour maintenir la ligne adoptée face à Moscou et poursuivre le soutien à l’Ukraine.

Par ailleurs, les revenus tirés du pétrole et du gaz par la Russie ont atteint en janvier leur niveau le plus bas depuis cinq ans, ce qui pèse sur une économie largement dépendante de ces ressources.

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