Le magazine américain Forbes a publié, lundi 9 mars, son classement 2026 des milliardaires africains. Dans cette liste, l’homme d’affaires algérien Issad Rebrab et sa famille occupent la 11e place, avec une fortune estimée à 3,6 milliards de dollars.
Le magazine rappelle qu’Issad Rebrab est le fondateur du groupe Cevital, qu’il a dirigé en tant que directeur général pendant plus de cinquante ans. En juillet 2022, il a confié la direction de l’entreprise à son fils, Malik Rebrab.
Forbes rappelle que Cevital est la plus grande entreprise privée en Algérie. Le groupe, actif dans plusieurs secteurs industriels, notamment les huiles végétales, le sucre, l’électroménager et la fabrication du verre, possède l’une des plus grandes raffineries de sucre au monde, capable de produire environ deux millions de tonnes par an. Le conglomérat emploie environ 18.000 salariés.
Le magazine revient aussi sur certaines étapes récentes du parcours de l’industriel. Issad Rebrab a été détenu pendant huit mois dans le cadre d’une affaire de corruption avant d’être libéré le 1er janvier 2020. Il a toujours contesté les accusations portées contre lui. En mai 2023, une décision de justice en Algérie lui a interdit d’exercer des fonctions commerciales ou de gestion au sein de Cevital.
En 2021, la richesse de Rebrab était estimée à 5,1 milliards de dollars, ce qui lui valait alors la 5e place du classement africain. La fortune groupe familial s’était contracté de 2,7 milliards de dollars en 2022 à 1,4 milliard de dollars en 2024. Après une baisse progressive, Forbes avait évalué sa fortune à 2,5 milliards de dollars en 2025.
Dangote reste en tête du classement
Au sommet du classement figure toujours le Nigérian Aliko Dangote. Sa fortune est estimée à 28,5 milliards de dollars. Selon Forbes Africa, il a gagné 4,6 milliards de dollars supplémentaires au cours de l’année écoulée, notamment grâce à la hausse du cours de l’action de Dangote Cement, cotée à la bourse nigériane.
Les bénéfices de l’entreprise ont doublé en 2025 pour atteindre un niveau record d’un trillion de nairas. L’homme d’affaires prévoit également d’introduire en bourse sa raffinerie de pétrole et a annoncé un accord de 400 millions de dollars avec une société chinoise de machines industrielles afin d’accélérer le projet de doublement de la capacité de production de la raffinerie d’ici 2029.
Le plus fort progrès dans le classement revient au Nigérian Abdulsamad Rabiu. Sa fortune est passée à 11,2 milliards de dollars, soit une hausse de 120 %. Il devient ainsi le troisième homme le plus riche d’Afrique, derrière le Sud‑Africain Johann Rupert, dont la fortune est estimée à 16,1 milliards de dollars.
La progression de Rabiu est liée à la hausse du cours de l’action de BUA Cement, qui a augmenté de 135 %. Un autre milliardaire ayant enregistré une hausse notable est le sud-africain Michiel Le Roux, fondateur de Capitec Bank. Sa fortune est estimée à 3,8 milliards de dollars, portée par la progression de l’action de la banque à la bourse de Johannesburg.
De son côté, l’investisseur égyptien Nassef Sawiris, dont la fortune est évaluée à 9,6 milliards de dollars, fait partie des rares fortunes restées stables cette année. Il détient notamment une participation dans le club de football anglais Aston Villa et environ 6 % du capital du groupe Adidas.
Parmi les 23 milliardaires recensés dans le classement, seuls quatre ont vu leur richesse diminuer par rapport à l’année précédente. C’est le cas du Marocain Anas Sefrioui, dont la fortune a reculé de 300 millions de dollars après la baisse de plus de 30 % de l’action de son groupe immobilier Group Addoha.
Il partage désormais la dernière place du classement avec le Nigérian Femi Otedola, chacun étant crédité d’une fortune de 1,3 milliard de dollars. Otedola a perdu environ 200 millions de dollars après avoir cédé la majorité de sa participation dans la société énergétique Geregu Power à un prix inférieur au cours du marché.
Une richesse en forte progression sur le continent
Forbes Africa souligne que la richesse cumulée des milliardaires africains continue d’augmenter. Les 23 personnalités figurant dans la liste totalisent désormais 126,7 milliards de dollars, soit une hausse de 21 % par rapport à 2025. Ensemble, elles ont ajouté 20,3 milliards de dollars à leur patrimoine en un an, dans un contexte de progression des marchés boursiers africains et de stabilisation des monnaies régionales.
Parmi ces milliardaires, 14 sont considérés comme des entrepreneurs « self‑made », ayant construit eux‑mêmes leur fortune. La liste ne compte aucune femme milliardaire africaine et presque tous les membres ont plus de 60 ans, à l’exception du Tanzanien Mohammed Dewji, âgé de 50 ans.
L’Afrique du Sud reste le pays le plus représenté dans le classement avec sept milliardaires, devant l’Égypte (cinq), le Nigeria (quatre) et le Maroc (trois).
Pour établir ce classement, Forbes Africa indique avoir calculé les fortunes à partir des cours des actions et des taux de change observés à la clôture des marchés le 1er mars 2026. L’évolution des patrimoines a été mesurée par rapport à la liste publiée en mars 2025.
Pour les entreprises non cotées en bourse, le magazine s’appuie sur des estimations de revenus ou de bénéfices, auxquelles sont appliqués des ratios financiers comparables à ceux d’entreprises similaires cotées en bourse. Forbes précise enfin que la valeur des fortunes peut évoluer rapidement, parfois en quelques jours, en fonction des fluctuations des marchés.






