Les cours du pétrole ont clôturé en hausse vendredi, poussés par des doutes autour de l’accord entre Washington et Moscou portant sur des achats de diesel russe, tandis que les hostilités au Moyen-Orient se poursuivent.
Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, a gagné 3,72% à 109,86 dollars, après avoir brièvement touché les 110 dollars pour la première fois depuis mai. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en novembre, a progressé de 3,51% à 101,41 dollars.
Une hausse des cours de l’or noir a été observée après qu’un groupe d’élus républicains comme démocrates a présenté vendredi un projet de loi visant à bloquer l’accord conclu par Donald Trump avec Moscou pour la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial.
Ce projet de loi prévoit, entre autres, d’annuler les autorisations délivrées par le Trésor américain concernant les ventes d’hydrocarbures russes et d’interdire l’octroi de nouvelles dérogations, une mesure présentée par la Maison Blanche comme un moyen de faire baisser le prix du pétrole et de ses produits dérivés, en particulier le diesel qui a atteint des records aux Etats-Unis.
Le Congrès n’étant actuellement pas en session, le texte n’a toutefois quasiment aucune chance d’être examiné avant les élections de mi-mandat début novembre.
« La hausse des cours du pétrole intervient dans un contexte d’inquiétudes grandissantes concernant les contraintes d’approvisionnement », ajoutent les analystes de Briefing.com.
Les craintes sont notamment « exacerbées par les menaces des Houthis du Yémen de mener de nouvelles attaques contre l’Arabie saoudite », poursuivent-ils.
Les combattants yéménites ont notamment visé à plusieurs reprises des installations du géant pétrolier saoudien Aramco.
« Les investisseurs envisagent également la possibilité d’une intensification des actions militaires américaines contre l’Iran après les élections de mi-mandat », notent les experts de Briefing.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a aussi affirmé, dans un entretien au Financial Times publié jeudi, que les frappes sur les raffineries russes vont reprendre, après plusieurs jours de pause liée à l’annonce surprise d’une trêve énergétique par le président américain Donald Trump.
Côté gaz, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence pour l’Europe, prenait 2,69% vers 18H50 GMT, à 88,76 euros le mégawattheure, retrouvant des niveaux plus observés depuis 2022.
À l’approche de l’hiver, les stocks européens de gaz ne sont remplis qu’à 74,10%, en dessous des 83,04% observés l’an dernier à la même date, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI).
Ces faibles niveaux de stockage « rendent l’Europe vulnérable à un temps froid et à de nouvelles perturbations des exportations de GNL en provenance du Moyen-Orient », affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
AFP







