Le Crédit Populaire d’Algérie (CPA) a cédé sa participation dans Aresbank, une banque espagnole contrôlée jusqu’ici en grande majorité par la Libyan Foreign Bank. L’opération, enregistrée à la fin du mois de juillet, fait de l’établissement public libyen l’unique actionnaire d’Aresbank, selon le journal espagnol The Objective.
La participation algérienne était limitée. Le CPA détenait 0,14 % du capital d’Aresbank, tandis que les 99,86 % restants étaient contrôlés par la Libyan Foreign Bank. Avec la sortie du CPA, la banque libyenne détient désormais la totalité du capital de la banque basée à Madrid.
Une participation détenue depuis plusieurs années
Fondée en 1975, Aresbank est spécialisée dans les opérations liées au commerce international, notamment entre l’Espagne et les pays arabes. L’établissement intervient également sur le marché interbancaire.
La banque a enregistré en 2025 un bénéfice de 16 millions d’euros, soit une progression de 21 % sur un an. Son encours de crédits s’est établi à 733,3 millions d’euros. Le nombre d’opérations traitées a, de son côté, augmenté de 25 % au cours du même exercice.
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Aresbank poursuit actuellement un plan de développement prévu sur trois ans. Celui-ci prévoit notamment l’élargissement de ses produits et services et le renforcement de sa présence en Espagne. La banque a récemment ouvert une agence à Valence, après celles de Madrid, Barcelone et Bilbao.
L’établissement prépare également le lancement de services de banque islamique, un segment qui fonctionne selon des règles excluant notamment la rémunération par intérêts et certaines formes de spéculation financière.
Une banque contrôlée par la Libye
La sortie du CPA intervient alors qu’Aresbank poursuit son développement sous le contrôle de la Libyan Foreign Bank. Cette dernière dispose d’un réseau de participations dans plusieurs établissements financiers à l’étranger.
Parmi eux figurent la British Arab Commercial Bank au Royaume-Uni, Banca UBAE en Italie, Bank Chinguitty en Mauritanie et Tropical Bank en Ouganda. La Libyan Foreign Bank a été créée au début des années 1970 afin de soutenir les échanges commerciaux entre les pays arabes et le reste du monde.
Aresbank est dirigée depuis trois ans par Javier Sierra, ancien responsable de Natwest en Espagne. La banque a également renforcé récemment son équipe de direction avec la nomination de José Daudén au poste de directeur financier.
Une opération qui intervient après la crise avec Madrid
Le retrait du CPA intervient quelques jours après la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à Alger, effectuée le 20 juillet dans le cadre du rapprochement entre les deux pays.
Les relations algéro-espagnoles avaient connu une forte dégradation depuis 2022, après la décision de Madrid de soutenir le plan d’autonomie marocain concernant le Sahara occidental. La situation s’est progressivement améliorée depuis, notamment sur le plan économique et commercial.
La sortie du CPA d’Aresbank ne semble toutefois pas remettre en cause la reprise des relations économiques entre l’Algérie et l’Espagne. Depuis novembre 2024, les banques algériennes peuvent notamment procéder à la domiciliation des opérations de commerce extérieur avec les entreprises espagnoles.
Des échanges commerciaux importants
Les relations économiques entre l’Algérie et l’Espagne restent particulièrement liées au secteur énergétique. L’Algérie fournit du gaz naturel à l’Espagne, notamment à travers le gazoduc Medgaz. Selon les données citées par The Objective, les importations espagnoles en provenance d’Algérie atteignent environ 6 milliards d’euros, contre près de 900 millions d’euros d’exportations espagnoles vers le marché algérien.
La Libye occupe également une place importante dans les échanges avec l’Espagne. Les importations espagnoles en provenance de Libye, principalement constituées de pétrole et de gaz, sont évaluées à environ 2,5 milliards d’euros. Les exportations espagnoles vers la Libye représentent, pour leur part, près de 350 millions d’euros.







