Les prix du pétrole ont nettement baissé mardi sur les marchés internationaux, après les déclarations du président américain Donald Trump évoquant une possible fin prochaine de la guerre avec l’Iran et la levée de certaines sanctions liées au secteur pétrolier.
Lors d’une conférence de presse lundi, Donald Trump a affirmé que la guerre allait « se terminer bientôt », estimant que l’opération militaire était « bien en avance sur le calendrier ». Le président américain a également indiqué que les États-Unis allaient « aussi lever certaines sanctions liées au pétrole pour réduire les prix (…) jusqu’à ce que ça s’arrange », après un échange téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine.
Ces propos ont rapidement influencé les marchés. Vers la matinée de mardi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai se négociait autour de 91 dollars, en recul d’environ 7 %, tandis que le baril américain West Texas Intermediate (WTI) perdait également plus de 7 % pour tomber sous les 88 dollars. La veille (lundi), le Brent avait pourtant atteint près de 120 dollars, un niveau inédit depuis 2022.
Selon Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, « il est presque certain qu’il est devenu nerveux face à la flambée des prix du pétrole et à la baisse des actions sur les marchés ». Les marchés ont ainsi réagi à la perspective d’un conflit plus court que prévu et à l’idée d’un assouplissement des restrictions sur les exportations de pétrole.
La volatilité des cours s’est accentuée ces derniers jours. Au cours de la même séance lundi, le prix du Brent est passé d’un pic proche de 119,50 dollars à environ 83,66 dollars, ce qui constitue, selon M. Rasmussen, « le plus grand mouvement de prix intrajournalier jamais enregistré » pour cette référence pétrolière.
La détente des prix a également été soutenue par la position du G7. Les ministres des Finances des pays membres ont indiqué être prêts « à prendre toutes les mesures nécessaires y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole » afin de stabiliser les marchés. Une réunion des ministres de l’Énergie du G7 devait se tenir ce mardi à Paris pour examiner les conséquences du conflit sur l’approvisionnement mondial et les prix.
En France, cette question est devenue sensible dans le débat public en raison de la hausse du prix des carburants. Le gazole a franchi lundi la barre des deux euros le litre dans les stations-service, selon une moyenne établie à partir des données de milliers de points de vente.
Le gouvernement français estime toutefois qu’aucune solution rapide ne peut être mise en œuvre au niveau national. « Pour que le prix à la pompe baisse, il n’y a pas de formule magique, il n’y a pas de recette domestique, il faut stabiliser le marché », a déclaré le ministre de l’Économie Roland Lescure, ajoutant que cela suppose notamment la réouverture du détroit d’Ormuz pour permettre au pétrole de circuler librement.
Malgré la baisse des cours, les incertitudes restent importantes. L’Iran a réagi aux déclarations américaines en affirmant qu’aucune exportation de pétrole ne serait autorisée depuis la région « jusqu’à nouvel ordre ». Le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Ali Mohammad Naini, a déclaré que les forces iraniennes « n’autoriseront pas l’exportation d’un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires ».
Téhéran a également averti qu’il poursuivrait ses opérations militaires si nécessaire. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé que son pays « déciderait de la fin de la guerre ».
Le détroit d’Ormuz reste au centre des préoccupations des marchés, puisqu’environ un cinquième du pétrole mondial y transite. Les analystes estiment que la poursuite de la baisse des prix dépendra en grande partie d’un retour effectif des flux pétroliers dans cette zone stratégique.
Dans ce contexte, les marchés financiers ont montré des signes d’apaisement. Les principales Bourses européennes ont ouvert en hausse et plusieurs places asiatiques ont également rebondi. Les analystes préviennent toutefois que la volatilité pourrait se poursuivre, compte tenu des déclarations contradictoires et de la poursuite des opérations militaires dans la région.





