Les prix du pétrole progressaient fortement lundi matin au troisième jour de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran et de la riposte de Téhéran à travers la région. L’opération, qui doit durer « quatre à cinq semaines » selon le président américain Donald Trump, risque de ralentir les exportations d’or noir de la région.
Vers 06h10, le prix du baril de Brent de la mer du Nord montait de 6,7% à 77,71 dollars, après avoir franchi la barre des 78 dollars dans la nuit de dimanche à lundi, au plus haut depuis juin dernier. Le WTI américain se négociait quant à lui en hausse de 6,4% à 71,28 dollars les 159 litres, se reprenant quelque peu après s’être envolé au-dessus des 72 dollars dans la nuit.
La progression des cours « fait suite à des frappes sans précédent menées par les États-Unis et Israël, qui ont accru les craintes d’une perturbation de l’approvisionnement au Moyen-Orient », ont résumé les spécialistes de la plateforme Trading Economics.
Pour ces derniers, « les marchés sont particulièrement attentifs au détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique qui achemine environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et d’importants volumes de gaz naturel. Téhéran insiste sur le fait que le détroit reste ouvert, mais les compagnies maritimes ont rapidement commencé à détourner leurs navires de cette voie navigable étroite ».
« Au cours des prochaines semaines, le marché se concentrera sur la question de savoir si des perturbations importantes de l’approvisionnement se produiront et si le marché pétrolier se resserrera par la suite », a souligné dans un commentaire Giovanni Staunovo, stratégiste chez UBS.
« Les facteurs les plus pertinents pour le marché pétrolier sont la quantité de pétrole produite dans la région et la situation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitent chaque jour environ 21 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers », a-t-il ajouté.
Selon l’expert, « historiquement, la prime de risque géopolitique sur les prix du brut a tendance à s’estomper en l’absence de perturbations de l’approvisionnement ».
AFP






