La raffinerie d’Augusta, située en Sicile dans le sud de l’Italie, exporte pour deux milliards de dollars par an vers des pays hors Union européenne, a fait savoir Rosario Pistorio, directeur général de Sonatrach Raffineria Italiana, filiale de Sonatrach. Il a expliqué que ce résultat s’explique par la position géographique de la Sicile et par la restructuration interne menée depuis sept ans.
Dans une interview accordée à Siracusa News le 23 février, Rosario Pistorio, qui est directeur général de l’entreprise depuis décembre 2018 et reconduit dans ses fonctions le 11 février 2026, a présenté un bilan de ses sept premières années à la tête de l’entreprise et les défis pour la prochaine décennie.
Il a rappelé que Sonatrach Raffineria Italiana est une société à responsabilité limitée avec le groupe Sonatrach comme unique actionnaire. « Depuis 2018, le conseil d’administration est composé de collègues algériens et de moi-même en tant que représentant italien. C’est un modèle qui combine gouvernance internationale et racines territoriales », a-t-il expliqué, en faisant savoir que « dans les mois à venir, le conseil visitera les usines d’Augusta et les dépôts italiens. »
Mise en service au début des années 1949, la raffinerie appartenait auparavant à Esso Italiana, filiale de la compagnie américaine ExxonMobil. Sonatrach l’a acquise en décembre 2018 pour environ 725 millions de dollars. Le groupe algérien avait hérité d’une organisation entièrement externalisée à l’étranger, avec des paies traitées en Asie, une comptabilité gérée en Europe de l’Est et une informatique centralisée au siège ExxonMobil. « Au fil des années, nous avons construit une réalité autonome », a souligné Pistorio.
Le rachat de la raffinerie avait suscité des critiques en Algérie, notamment en raison de l’ancienneté de l’installation et des interrogations sur sa compatibilité avec le brut algérien. Depuis, la raffinerie a amélioré ses performances économiques. En 2022, elle a enregistré plus de 800 millions de dollars de bénéfices pour un chiffre d’affaires de 7,2 milliards d’euros, devenant l’une des principales entreprises industrielles de Sicile. Avec une capacité de traitement d’environ 10 millions de tonnes par an, la raffinerie d’Augusta poursuit désormais sa mise à niveau progressive. En janvier dernier, la raffinerie a lancé la production d’essence contenant 5 % d’éthanol (E5), qui s’inscrit dans cette dynamique d’adaptation aux normes européennes en vigueur.
« Nous exportons près de 2 milliards d’euros de produits vers des pays hors UE »
Selon Rosario Pistorio, la raffinerie emploie actuellement environ 760 employés, dont 340 ont été embauché et, au cours des sept dernières années, « notamment pour créer de nouveaux départements internes. » Rappelant l’importance stratégique du site de Syracuse, il a indiqué : « C’est un atout fondamental pour l’approvisionnement énergétique italien et pour les marchés internationaux. Nous exportons près de 2 milliards d’euros de produits vers des pays hors UE. La position géographique de la Sicile constitue un avantage concurrentiel en Méditerranée. » Il a souligné que pendant la pandémie de Covid-19, la production n’a connu aucune interruption : « La pandémie a renforcé la prise de conscience de l’importance des chaînes d’approvisionnement et des plans de continuité des activités. »
Parmi les défis de la prochaine décennie figurent la durabilité et la compétitivité en Europe. « Un site comme le nôtre peut payer entre 50 et 100 millions d’euros par an pour des allocations CO₂. La question n’est pas seulement la fiscalité, mais aussi la possibilité de réinvestir une partie de ces ressources dans le territoire pour accélérer les processus de décarbonation », a expliqué Rosario Pistorio, qui a également souligné que le coût de l’énergie reste également un problème : « Le prix du gaz en Europe reste plus élevé que sur d’autres continents. Les entreprises énergivores comme les raffineries sont fortement touchées. »






