Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a reconnu, jeudi devant l’Assemblée populaire nationale (APN), que des « perturbations de la connexion internet, constatées depuis le début de l’année », affectent les utilisateurs. Il a précisé qu’un « retour progressif à la normale [est attendu] dans les prochains jours ».
Les internautes ont remarqué une saturation du réseau, surtout en soirée, liée au streaming vidéo sur des plateformes comme Netflix ou YouTube en 4K, ainsi qu’au télétravail. Le ministre a nié tout manque de capacité internationale, indiquant une disponibilité de 10,2 Tbps selon les données récentes de fin 2025 et début 2026, contre 9,8 Tbps fin 2024.
Il a expliqué, selon le journal El Watan, que le problème principal « provient des pressions mondiales sur les points d’entrée internationaux et les câbles sous-marins, et non d’un manque au niveau des infrastructures locales d’Algérie Télécom ». Des travaux sont en cours avec des partenaires internationaux pour améliorer la situation, et une amélioration notable est « attendue dès la semaine prochaine ». La capacité internationale réelle a atteint environ 10 Tbps début 2026, ce qui est théoriquement suffisant pour la demande actuelle de 2 à 4 Tbps en heure de pointe.
Toutefois, les goulots d’étranglement se produisent souvent aux points d’interconnexion internationaux, notamment sur des câbles comme SEA-ME-WE 4, Medex ou ORVAL, qui ont subi plusieurs incidents en 2025. La dépendance à quelques câbles principaux reste un facteur de risque. Le lancement progressif de Medusa (20 Tbps, entrée en service partielle fin 2026/début 2027) et d’autres projets comme Africa-1 devrait renforcer la résilience du réseau à moyen terme.
Depuis 2020, l’Algérie a multiplié ses investissements et sa capacité internationale a été multipliée par six ou sept. Cependant, cette « autoroute » n’est pas encore pleinement exploitée. Les connexions directes avec des sites comme YouTube, Netflix ou Google restent limitées, ce qui oblige le trafic à passer par l’Europe et provoque des latences élevées de 150 à 200 millisecondes et des coupures pour les utilisateurs, surtout en soirée ou le week-end.
Le ministre a reconnu des fluctuations et des instabilités temporaires, qu’il attribue aussi à des interventions techniques sur le réseau pour « moderniser l’infrastructure et remplacer les équipements », en préparation au déploiement de la 5G. Ces opérations, réalisées directement sur le réseau en production, expliquent « l’instabilité passagère ».
Concernant les lenteurs, il a expliqué que les mises à niveau vers la 5G nécessitent le remplacement de switches et de routeurs, ce qui entraîne des interruptions temporaires. Le cœur du réseau repose encore sur des équipements anciens, et ce retard explique une partie des problèmes persistants. Des expériences similaires dans d’autres pays montrent que ces phases de transition améliorent la stabilité de 30 à 50 % une fois terminées. Le ministère prévoit également d’utiliser des technologies comme le Massive MIMO pour améliorer l’efficacité spectrale et réduire la saturation des antennes, afin de garantir des débits supérieurs à 50 Mbps par utilisateur.
Le ministre a confirmé que la 4G est désormais obligatoire pour tout nouveau site. Les techniques de Massive MIMO et le TDD permettent d’augmenter l’efficacité spectrale de 3 à 5 fois, ce qui aide à désengorger les zones urbaines denses. Dans les grandes villes, les antennes restent saturées, avec 200 à 300 utilisateurs connectés sur la même cellule, et les débits se situent souvent entre 10 et 30 Mb/s.
L’objectif sur la 4G+ reste réaliste, mais le vrai défi concerne l’allocation du spectre, car les opérateurs manquent parfois de bandes basses pour une couverture rurale efficace. La 5G démarre en mode NSA, qui dépend de la 4G, mais sans fréquences supplémentaires, elle ne résoudra pas complètement la congestion.
Le ministre a également indiqué que la généralisation de la fibre optique est prévue sur tout le territoire, et que le réseau en cuivre devrait être supprimé d’ici 2027. Fin 2025, 2,9 millions d’abonnés utilisaient la FTTH, contre encore de nombreux utilisateurs sur le cuivre. La fibre permet d’atteindre jusqu’à 1 Gbps avec une bonne stabilité. Le principal obstacle reste le coût et la logistique dans les zones rurales.






