La Société nationale de commercialisation et de distribution des produits pétroliers (Naftal) a appelé, ce samedi 3 janvier, les transporteurs de carburants et de gaz pétrolier liquéfié (GPL), sous contrat, à reprendre immédiatement le ravitaillement des dépôts ainsi que la distribution des produits. L’entreprise publique les a avertis qu’un refus de reprise pourrait entraîner la résiliation de leurs contrats et l’engagement de poursuites judiciaires.
Dans une note adressée aux transporteurs concernés, Naftal fait état d’« un manquement aux obligations contractuelles », en référence à l’arrêt du ravitaillement des dépôts de carburants et de GPL, ainsi que de la distribution, observé depuis le 31 décembre 2025. Selon l’entreprise, cette situation a provoqué une « perturbation de sa mission de service public ».
Naftal qualifie également cet arrêt de « violation des clauses contractuelles » et rappelle que les transporteurs sont tenus d’assurer leurs engagements dans l’immédiat. À défaut, l’entreprise indique qu’elle se réserve le droit de résilier les contrats de transport des carburants et du GPL, aux torts exclusifs des prestataires concernés.
La société précise par ailleurs que la résiliation des contrats n’exclut pas l’engagement d’actions civiles et pénales à l’encontre des transporteurs, « en raison de leurs fautes ».
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une grève observée dans le secteur du transport de voyageurs et de marchandises. Le mouvement est lié à la hausse des prix des carburants entrée en vigueur le 1er janvier 2026, ainsi qu’aux dispositions du nouveau code de la route, jugées contraignantes par plusieurs professionnels.
Déclenchée jeudi, la grève s’est poursuivie jusqu’à ce samedi, malgré les engagements pris vendredi par le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports lors d’une réunion avec les représentants du secteur. Les autorités ont notamment promis d’enrichir le projet de loi relatif au code de la route et d’examiner une révision des tarifs de transport.
À propos du nouveau code de la route, le ministère a indiqué que « ce projet est toujours en cours d’examen dans le cadre du processus législatif en vigueur, et qu’il peut encore être enrichi à la lumière des observations et propositions formulées ». Adopté le 24 décembre 2025 par l’Assemblée populaire nationale (APN), le texte doit encore être examiné par le Conseil de la nation avant sa publication au Journal officiel.
Concernant les tarifs de transport, au centre des revendications des grévistes, le ministère a précisé que « ce dossier sera examiné en tenant compte du caractère social du service public et de la capacité des citoyens ». Il a également été rappelé que « la question des tarifs a été abordée. Ce dossier sera étudié en tenant compte de la nature sociale du service public et de la capacité contributive des citoyens ».
Depuis le 1er janvier 2026, les prix des carburants ont été revus à la hausse. Le litre d’essence est passé de 45,62 DA à 47 DA, celui du gasoil de 29,01 DA à 31 DA, tandis que le GPL carburant est passé de 9 DA à 12 DA le litre.
La réunion de concertation tenue vendredi au siège du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, en présence des représentants des partenaires sociaux. La rencontre, présidée par le secrétaire général du ministère, s’est déroulée avec la participation du chef de Cabinet et du directeur général de la mobilité et de la logistique. Plusieurs organisations professionnelles y ont pris part, dont l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA), l’Union nationale algérienne des transporteurs (UNAT), l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et le Syndicat national des transporteurs par taxi (SNTT-UGTA).
À l’issue de cette réunion, le Syndicat national des transporteurs par taxi a annoncé qu’un « accord a été trouvé, avec l’approbation des plus hautes autorités du pays, notamment le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports et le Premier ministre, sur une augmentation officielle des tarifs des transports ».
Le SNTT a également fait savoir qu’un accord a été conclu avec le ministère de l’Intérieur et des Transports concernant une « modification » du projet de loi de Code de la route afin de « prendre en compte les besoins et les exigences spécifiques des professionnels du secteur ». Des mesures d’accompagnement ont aussi été annoncées pour soutenir les acteurs du transport.
Dans son communiqué, le syndicat, affilié à l’UGTA, a rappelé l’annonce de plusieurs grèves et mouvements de protestation dans différentes wilayas, impliquant des chauffeurs de taxis ainsi que des transporteurs de voyageurs et de marchandises. Il a appelé ses membres à « reprendre le travail » et à « contribuer à la réussite » de la reprise des cours des élèves, prévue ce dimanche 4 janvier 2026, après les vacances d’hiver.






