L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a confirmé, mercredi, ses prévisions de croissance de la demande mondiale pour les années 2025 et 2026. Elle mise sur une économie mondiale jugée solide et sur un apaisement progressif des tensions commerciales.
Selon son rapport mensuel, la consommation de pétrole devrait augmenter d’environ 1,3 million de barils par jour en 2025 et de 1,4 million en 2026. Ces estimations restent inchangées par rapport à celles du mois d’octobre. La demande mondiale atteindrait ainsi 105,14 millions de barils par jour l’an prochain, puis 106,52 millions en 2026.
La progression sera portée principalement par les pays non-membres de l’OCDE, en particulier la Chine et l’Inde, qui devraient représenter la majeure partie de la hausse prévue.
L’Opep estime que « l’économie mondiale maintiendra sa trajectoire de croissance pour le reste de 2025 et jusqu’en 2026, après une performance solide au premier semestre 2025 malgré des incertitudes persistantes ». L’organisation relève aussi que « l’apaisement des tensions commerciales » a contribué à soutenir cette dynamique, citant plusieurs accords conclus entre les États-Unis et leurs partenaires, dont le Japon, le Royaume-Uni, l’Union européenne et le Vietnam. Washington aurait également prolongé d’un an sa trêve commerciale avec Pékin, assortie de réductions tarifaires.
Cependant, certaines discussions commerciales restent en suspens, notamment entre les États-Unis et le Canada.
Ces projections diffèrent de celles de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui anticipe une hausse plus modérée de la demande — environ 700.000 barils par jour pour chacune des deux années. L’AIE a également évoqué, dans son rapport d’octobre, un risque de surplus sur le marché.
De son côté, le cartel mené par l’Arabie saoudite a progressivement augmenté sa production depuis avril, avant d’annoncer une pause pour le premier trimestre 2026. L’Opep a par ailleurs révisé ses estimations pour le troisième trimestre, évoquant désormais un excédent de 500.000 barils par jour, contre un déficit de 400.000 précédemment prévu.
Le marché pétrolier réagit à la baisse
La publication du rapport de l’Opep a entraîné une baisse des prix du pétrole mercredi. Le baril de Brent pour livraison en janvier a reculé de 3,76 % à 62,71 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a perdu 4,18 %, à 58,49 dollars.
Selon Phil Flynn, analyste chez Price Futures Group, cité par l’AFP, « le marché a été pris au dépourvu par le rapport de l’Opep qui a éliminé le scénario d’un déficit pétrolier et l’a transformé en excédent ».
L’analyste Robert Yawger, de Mizuho USA, a expliqué que le marché se rapproche d’une « situation de contango », où les prix à court terme deviennent inférieurs à ceux des livraisons futures, un signe d’offre abondante.
Dans son propre rapport publié le même jour, l’AIE note que le marché mondial présente « un large excédent d’offre par rapport à la demande ». L’agence estime que la consommation pourrait se stabiliser vers 2030, même si un autre scénario envisage une hausse prolongée jusqu’en 2050.
Pour David Morrison, de Trade Nation, ces projections de long terme ont « un impact limité sur les cours actuels ». Les investisseurs attendent désormais la publication, jeudi, du rapport mensuel de l’AIE, afin de voir s’il confirmera ou non les perspectives de l’Opep. Ils suivront également les données hebdomadaires sur les réserves de brut américaines, susceptibles d’influencer les prochaines tendances du marché.






